Tu l’attends parfois depuis 7 heures du matin.
Le moment où la journée sera enfin terminée. Les enfants couchés, les messages traités, la cuisine à peu près rangée, l’ordinateur fermé. Tu te dis depuis des heures que ce soir, tu vas te coucher tôt parce que tu es épuisée.
Et puis tu poses enfin la tête sur l’oreiller.
Et là, ton cerveau décide manifestement que c’est le moment idéal pour organiser une réunion.
Tu repenses au mail auquel tu as oublié de répondre. Au rendez-vous qu’il faut prendre. À cette phrase un peu bizarre que quelqu’un t’a dite trois jours plus tôt. À ce qu’il reste dans le frigo. À l’inscription des enfants. À l’argent. Au travail. À ce truc que tu dois absolument penser à faire demain.
Tu regardes l’heure. Puis encore une fois.
Et tu finis par te demander comment il est possible d’être aussi fatiguée et aussi incapable de dormir en même temps.
Quand le corps s’arrête avant la tête
Il y a quelque chose d’assez injuste dans ces moments-là : toute la journée, tu aurais probablement pu t’endormir sur une chaise si on t’avait laissé vingt minutes tranquille. Mais quand le silence arrive enfin, tout ce que tu as mis de côté pendant la journée semble revenir réclamer sa place.
Ce n’est pas forcément spectaculaire. Ce ne sont même pas toujours de « gros problèmes ». C’est parfois simplement une accumulation de petites choses qui continuent à tourner : penser à demain, anticiper, organiser, vérifier, se souvenir, s’inquiéter un peu.
Et quand on fonctionne comme ça depuis longtemps, on peut finir par considérer ces nuits agitées comme normales.
Pourtant, tu es loin d’être la seule.
Selon le Baromètre 2024 de Santé publique France, un adulte sur trois se plaint d’insomnie, c’est-à-dire notamment de difficultés d’endormissement ou de réveils nocturnes. Les données montrent également qu’à tout âge, les femmes déclarent davantage de troubles d’insomnie que les hommes. Parmi les facteurs évoqués figurent notamment les variations hormonales, les troubles anxiodépressifs, mais aussi une implication plus importante dans les tâches domestiques et les responsabilités familiales.
Autrement dit : non, toutes ces nuits où tu fixes le plafond à 2 h 13 ne racontent pas simplement que tu « ne sais pas dormir ».
Le sommeil n’est pas du temps perdu
Il y a aussi une habitude dont on parle assez peu : celle de grappiller sur la nuit le seul moment qui semble vraiment nous appartenir.
Une série. Quelques vidéos. Un livre. Instagram. Ranger tranquillement la maison. Ou simplement rester assise dans le canapé parce que, pour la première fois depuis le matin, personne ne nous demande rien.
Alors même lorsqu’on est fatiguée, on retarde parfois le moment d’aller dormir.
Pas parce qu’on ne sait pas que le sommeil est important. Mais parce que cette heure-là ressemble enfin à du temps pour soi.
Le problème, c’est que le lendemain matin arrive quand même.
Et petit à petit, la fatigue devient le décor habituel de nos journées : moins de patience, moins d’énergie, davantage d’émotions à fleur de peau, cette impression de devoir faire un effort pour des choses qui semblaient simples auparavant.
Le sommeil n’est pourtant pas un luxe que l’on s’accorde une fois que tout le reste est terminé. Santé publique France le considère comme un déterminant majeur du bien-être et de la santé physique, psychologique et cognitive.
Et si tu commençais simplement par écouter ce que tes nuits racontent ?
Il ne s’agit pas de transformer le coucher en une nouvelle mission à réussir parfaitement. Tu n’as probablement pas besoin d’ajouter « avoir une routine du soir parfaite » à la liste de tout ce que tu dois déjà bien faire.
Mais peut-être que tu peux commencer par observer.
Depuis combien de temps es-tu fatiguée ?
Est-ce que ton cerveau s’emballe particulièrement lorsque tu te couches ?
Est-ce que tu repousses le sommeil parce que le soir est le seul moment où tu as enfin du temps pour toi ?
Est-ce qu’une inquiétude revient régulièrement ?
Et surtout : comment vas-tu en ce moment, au-delà de ton sommeil ?
Parce qu’une mauvaise nuit arrive à tout le monde. Quelques nuits compliquées aussi. Mais lorsque la fatigue, les réveils ou les difficultés d’endormissement commencent à peser sur tes journées, tu as le droit d’en parler à un professionnel de santé.
Tu n’as pas besoin d’attendre de ne plus réussir à fonctionner.
Tu n’as pas besoin non plus d’avoir identifié « le vrai problème » avant de demander de l’aide.
Chez BonHer, on croit justement que prendre soin de sa santé mentale commence souvent beaucoup plus tôt que ce qu’on imagine : au moment où quelque chose devient lourd, inconfortable, répétitif, et où l’on accepte enfin de ne plus le minimiser.
Il n’y a pas de petit problème. Même à 2 h 13 du matin.
Source principale : Données sur le sommeil — Santé publique France


