Il y a des périodes où, extérieurement, tout continue à fonctionner.
Tu te lèves. Tu emmènes les enfants à l’école. Tu réponds aux messages. Tu vas travailler. Tu fais les courses. Tu penses au rendez-vous chez le dentiste, au cadeau d’anniversaire qu’il faut acheter, au dossier qu’il faut rendre vendredi et au linge qui attend depuis deux jours dans la machine.
Tu continues à rire aussi. À répondre « oui ça va » quand on te pose la question. À prévoir le week-end prochain et à demander aux autres comment ils vont.
Alors forcément, tu te dis que ça ne doit pas aller si mal.
Parce que dans notre tête, quand quelqu’un est vraiment épuisé, il ne peut plus rien faire. Il s’arrête. Il s’effondre. Il reste au lit.
Sauf que bien souvent, ce n’est pas comme ça que ça se passe.
On peut être épuisée et continuer à assurer, être anxieuse et arriver à l’heure à l’école, pleurer dans sa voiture et envoyer un mail parfaitement professionnel cinq minutes plus tard... On peut ne plus avoir envie de rien et continuer malgré tout à organiser la vie de toute une famille.
Et c’est précisément ce qui rend certaines périodes si difficiles à identifier : on confond notre capacité à continuer avec la preuve que nous allons bien.
« Pourtant, je gère. »
Peut-être.
Mais la vraie question n’est pas seulement : est-ce que tu arrives encore à tout faire ?
C’est : qu’est-ce que ça te coûte de continuer à tout faire ?
Si tu termines tes journées vidée, si le moindre imprévu te donne envie de pleurer, si tu n’as plus de patience avec ceux que tu aimes, si tu repousses les messages parce que répondre te demande déjà trop d’énergie, si tu rêves simplement qu’on ne te demande plus rien pendant quelques heures… ce sont des choses qui méritent d’être entendues.
Pas forcément parce qu’elles annoncent quelque chose de grave.
Mais parce que tu n’as pas besoin d’attendre que ça le devienne.
Et non, tu n’es pas la seule.
Selon le Baromètre 2024 de Santé publique France, 18,2 % des femmes ont connu un épisode dépressif caractérisé au cours de l’année, contre 12,8 % des hommes. Les travaux de Santé publique France montrent également que la souffrance psychique liée au travail a été deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes sur la période 2013-2019. (Santé publique France)
Derrière ces chiffres, il y a évidemment des situations très différentes. Mais ils racontent quelque chose que beaucoup de femmes connaissent : nous sommes nombreuses à continuer longtemps avant de reconnaître que quelque chose ne va plus.
Tu n’as pas besoin d’attendre de ne plus pouvoir
C’est probablement ce qu’on aimerait le plus te dire chez BonHer.
Tu n’as pas besoin d’avoir atteint ta limite pour avoir le droit de dire que tu es fatiguée.
Tu n’as pas besoin de savoir exactement ce qui ne va pas.
Tu n’as même pas besoin d’avoir une « bonne raison ».
Parfois, le premier pas consiste simplement à arrêter quelques minutes le pilote automatique et à se demander :
Comment est-ce que je vais, vraiment ?
Pas les enfants. Pas ton couple. Pas ton travail. Pas ta mère. Pas ton agenda.
Toi.
Est-ce que tu dors bien ? Est-ce que tu arrives encore à ressentir du plaisir ? Est-ce que tu te sens souvent à cran ? Est-ce que tu as envie de voir du monde ou plutôt que tout le monde t’oublie pendant trois jours ? Est-ce que tu as encore de la place dans ta tête pour quelque chose qui n’est pas une obligation ?
Il n’y a pas de mauvaise réponse.
Et surtout, il n’y a pas de seuil minimum de souffrance à atteindre avant d’avoir le droit d’en parler.
C’est aussi pour ça que BonHer existe.
Pour les moments où tu ne sais pas forcément ce qu’il faudrait faire, où tu n’as peut-être pas besoin d’une solution tout de suite, mais où tu aurais simplement besoin de déposer ce que tu portes quelque part.
Parce qu’il n’y a pas de petit problème.
Et parce qu’on ne devrait pas avoir besoin de s’effondrer pour commencer à prendre soin de soi.


